Verse sur un PER avant le 31 décembre et l'État te rend une partie en impôts : un chiffre sûr, tout de suite. En face, le PEA ne t'offre rien le jour du versement, juste une boîte fermée. Avant de décrocher, apprends à savoir ce que vaut ta boîte.
Le plateau est plongé dans la pénombre. Au centre, un candidat, les mains moites. Devant lui, des boîtes fermées. Quelque part dans le noir, une silhouette décroche un téléphone. C'est le banquier. Il ne montre jamais son visage, il fait juste une offre : « Je te propose tant. Tout de suite. À prendre ou à laisser ? »
Tout le génie du jeu tient dans une asymétrie. Le candidat ignore ce que vaut sa boîte. Le banquier connaît les probabilités, et son offre est calculée pour paraître irrésistible tout en restant, en moyenne, à son avantage. Le PER n'est pas un cadeau, c'est un échange : moins d'impôt aujourd'hui, contre ton argent bloqué et de l'impôt demain.
Un gain d'impôt sûr dès l'année suivante, contre de l'argent bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas précis.
À la sortie en capital, les versements déduits repassent au barème.
Rien le jour du versement. Après cinq ans, tu retires quand tu veux et tes gains échappent à l'impôt sur le revenu : il reste 18,6% de prélèvements sociaux.
Plafond de versement : 150 000 €.
Pas de déduction, mais ton argent reste disponible. Après huit ans, 4 600 € de gains par an sans impôt (9 200 € pour un couple), prélèvements sociaux à 17,2%.
Et un outil à part pour la transmission.
Le banquier veut une réponse rapide, comme à la télé. Sans calculer, à l'instinct : ta tranche d'impôt, c'est laquelle ?
Dans la vraie vie aussi, celui qui fait l'offre a intérêt à ce que tu la prennes. Le PER est souvent présenté comme le produit retraite par excellence, alors qu'il ne convient qu'à une partie des gens. Le PEA, lui, rapporte peu à celui qui le recommanderait, et on t'en parle beaucoup moins en agence. Ça ne rend pas le PER mauvais. Ça veut dire que l'offre ne vient jamais d'un observateur neutre.
Ce que le banquier met sur la table est réel. Tu déduis tes versements de ton revenu imposable, dans la limite de 10% de tes revenus professionnels de l'année précédente. Ce que tu économises dépend d'un seul chiffre : ta tranche marginale d'imposition, la TMI.
pour 3 000 € versés
pour 3 000 € versés
pour 3 000 € versés
pour 3 000 € versés
Attention, ta tranche n'est pas le taux de prélèvement à la source affiché sur ta fiche de paie. Celui-là est un taux moyen, toujours plus bas. Pour trouver ta vraie tranche, divise le revenu net imposable inscrit sur ton avis d'impôt par ton nombre de parts. Le pupitre le fait pour toi.
Barème 2026 par part : 0% jusqu'à 11 600 €, 11% jusqu'à 29 579 €, 30% jusqu'à 84 577 €, 41% jusqu'à 181 917 €, 45% au-delà. Calcul simplifié, hors décote, plafonnement du quotient familial et réductions d'impôt. Ton plafond de déduction (10% des revenus professionnels de l'année précédente, entre 4 710 € et 37 680 € en 2026) figure sur ton avis d'impôt.
La même offre peut donc être excellente pour ton collègue et inutile pour toi. Bon à savoir : les plafonds non utilisés se reportent (trois ans pour ceux de 2023 à 2025, cinq ans pour ceux acquis à partir de 2026), et un couple marié ou pacsé peut mutualiser les siens.
Quand le candidat accepte l'offre, la partie s'arrête. Avec le PER, à 30 ans, c'est plus de trente ans sans toucher à cet argent. Des portes de sortie anticipée existent, mais une seule se choisit. Les autres sont des accidents de la vie. Devine lesquelles s'ouvrent.
Huit situations de vie. Pour chacune : le PER te laisse-t-il sortir ton argent avant la retraite ?
Score : 0 sur 8. Huit portes à tester.
Sur le PEA, après cinq ans, tu retires une partie sans fermer le plan, pour un projet, une période sans revenus, une envie de changer de vie. C'est une différence de liberté, pas seulement de fiscalité. Et pour moi, la liberté, c'est tout l'objet de l'argent.
Voilà ce que le banquier ne mentionne jamais au téléphone. À la sortie en capital, les versements que tu as déduits rejoignent tes revenus de l'année et passent au barème, à ta tranche du moment. Les gains sont taxés à 31,4% (12,8% d'impôt et 18,6% de prélèvements sociaux). Le PER ne supprime pas l'impôt, il le décale.
Le seul calcul honnête se fait à effort égal : 3 000 € sur un PER à TMI 30%, c'est le même effort net que 2 100 € sur un PEA, puisque l'État te rend 900 €. Ouvre les deux boîtes et joue avec les curseurs.
Hypothèse pédagogique Lamififi : 5% par an, mêmes placements dans les deux boîtes, frais de base identiques. Montants nets après impôt et prélèvements sociaux, sortie en capital en une fois, arrondis à l'euro. Sur le PER, les versements déduits sont imposés à ta tranche de sortie et les gains à 31,4%. Sur le PEA de plus de cinq ans, seuls les prélèvements sociaux de 18,6% s'appliquent aux gains. Ce n'est ni une promesse ni une prévision.
Avec les réglages de départ, le PER gagne, même en sortant à la même tranche. Ce qui fait la valeur de l'offre, ce sont les 900 € d'impôt reporté, investis pendant trente ans : un prêt sans intérêt de l'État. Le deal se retourne dans deux cas. La tranche d'entrée : à 11%, les 330 € économisés ne compensent jamais la fiscalité de sortie. Et les frais : un PER qui prélève 0,6 point de plus par an que ton PEA finit en dessous. L'avantage fiscal a été mangé en route.
Le vrai piège du PER n'est pas fiscal. Il est dans ta tête. Le biais de projection, c'est notre tendance à supposer que notre « moi » futur voudra, pensera et gagnera comme notre « moi » actuel. Or tout l'intérêt du PER repose sur une prévision que personne ne peut faire : ta tranche à la retraite, les règles fiscales dans trente ans, ce dont tu auras besoin entre-temps. Tu signes aujourd'hui un contrat au nom d'une personne que tu ne connais pas encore.
Notre cerveau imagine le futur en recopiant le présent, parce que c'est moins coûteux que d'envisager toutes les vies possibles. Alors on sous-estime les ruptures : un enfant, une reconversion, une création d'entreprise, un déménagement, un héritage. Voici quatre phrases que ton toi d'aujourd'hui prononce au nom de ton toi de demain. Retourne chaque carte.
Matelas de sécurité et PEA d'abord. Le PER vient en complément, jamais en premier.
« Je gagnerai plus demain » est une prévision, pas un fait. Le calcul se fait sur ce que dit ton avis d'impôt.
Rien ne t'oblige à verser tous les ans. Ta situation change, ta réponse aussi.
Je vais être transparent : je n'ai pas de PER, et personne ne m'en a jamais proposé. Ce n'est pas un rejet de principe. C'est que, comme dans le jeu, une offre ne se juge pas à son montant. Elle se juge à ce que tu abandonnes pour la prendre. Une seule question, la même que dans le sondage de la newsletter.
Tes boîtes : aucune ouverte sur six. Chaque étape bouclée en ouvre une.
Dans À prendre ou à laisser, le meilleur candidat n'est pas celui qui refuse toutes les offres. C'est celui qui sait ce que vaut sa boîte avant de décrocher le téléphone. Dernier avis d'impôt sous les yeux, réponds aux cinq questions : ton verdict s'affiche, et ta note de décision s'écrit toute seule.
Le PER est un échange, pas un cadeau : tu déduis tes versements de ton revenu imposable (dans la limite de 10% de tes revenus professionnels, entre 4 710 € et 37 680 € en 2026), et l'économie vaut ton versement multiplié par ta tranche marginale. Pour 3 000 € : 0 € à 0%, 330 € à 11%, 900 € à 30%, 1 230 € à 41%. Ta tranche se trouve en divisant ton revenu net imposable par ton nombre de parts, pas sur ta fiche de paie.
L'argent du PER reste bloqué jusqu'à la retraite. Seul l'achat de ta résidence principale se choisit comme sortie anticipée, et il reste fiscalisé. À la sortie en capital, les versements déduits passent au barème et les gains à 31,4%. À effort égal et à tranche identique, le PER gagne grâce à l'impôt reporté qui travaille, mais le deal se retourne si tu entres à 11% ou si ses frais dépassent ceux du PEA d'environ un demi-point par an.
Le biais de projection te fait signer au nom d'un toi futur que tu ne connais pas. Matelas et PEA d'abord, décision sur ta tranche d'aujourd'hui, et réexamen chaque année. Le PEA reste disponible après cinq ans, gains exonérés d'impôt sur le revenu (18,6% de prélèvements sociaux), dans la limite de 150 000 € de versements.
Avis d'impôt, revenu net imposable, divisé par ton nombre de parts. Deux minutes, et tu sais ce que vaut l'offre pour toi.
À 0% ou 11%, pas deal : matelas, puis PEA. À 30% ou plus, avec matelas plein et PEA qui tourne, compare les frais et vérifie ton plafond avant le 31 décembre.
Pense à la sortie en capital fractionnée sur plusieurs années, et à l'option de non-déduction les années où ta tranche est basse.
Sources et méthode : barème de l'impôt 2026 (revenus 2025), plafonds de déduction du PER, reports de plafonds, cas de déblocage anticipé, fiscalité de sortie et prélèvements sociaux issus des données Lamififi 2026 (ir.json et placements.json, à jour de la loi de finances et de la LFSS 2026). Prélèvements sociaux de 18,6% sur les gains de PEA et de PER, maintenus à 17,2% sur l'assurance-vie. Le simulateur retient l'hypothèse pédagogique Lamififi de 5% par an, brute de frais, et une sortie en capital en une fois : ses résultats sont des ordres de grandeur. Le calcul de la tranche ignore la décote et le plafonnement du quotient familial. Ce Flix accompagne la newsletter Lamififi numéro 44. C'est un contenu pédagogique, il ne constitue jamais un conseil financier personnalisé.
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