Deux astronomes ont les données, le plateau télé a l'audience. Ton portefeuille vit le film à l'envers : quand les marchés chutent, personne ne minimise, tout le monde hurle.
Voilà ce que le plateau télé ne dira jamais, parce que ça tuerait l'audience : la chute des marchés n'est pas un événement exceptionnel. C'est le fonctionnement normal du système. Il y a des canicules et des tempêtes de neige, et personne ne titre en édition spéciale sur l'arrivée de l'hiver.
Quand on regarde les données de la Bourse sur les 100 dernières années, la météo devient très lisible.
Une correction de 10 % ou plus arrive environ une fois par an. La plupart sont digérées en quelques semaines ou quelques mois.
Un bear market de 20 % ou plus. Il y en a eu plus de 25 depuis 1929, avec une chute moyenne de 35 %.
Des années ont fini dans le vert depuis 1928. Presque trois années sur quatre, krachs compris.
Si tu investis pendant 30 ans, tu vas traverser sept ou huit krachs. Ce n'est pas un scénario pessimiste, c'est la moyenne. C'est la même chose pour tout le monde, y compris pour les investisseurs que tu admires.
La question n'est donc pas de savoir si la comète arrive. Elle arrive. La question est de savoir ce que tu fais le jour où le bandeau rouge s'allume.
Justement, on va le vivre. Pas en théorie : en direct, avec ton argent fictif et ton vrai réflexe.
Février 2020. Tu as 10 000 € investis sur un indice actions. En cinq semaines, le marché américain perd 34 % et la planète entière ferme. Tu vas descendre les trois paliers de cette chute, et à chaque étage tu choisis. Personne ne regarde, personne ne juge.
Ton application affiche du rouge pour la première fois depuis longtemps. Un article circule dans la boucle familiale. On te demande si tu as bien fait.
Trajectoire calquée sur le marché actions américain entre le sommet de février 2020, le point bas du 23 mars 2020 et le niveau atteint douze mois après ce point bas. La poche vendue est replacée sur un livret à 1,7 %. Aucune de ces trajectoires n'est une recommandation.
78 % des meilleures journées de Bourse ont lieu pendant un marché baissier ou dans les deux premiers mois du rebond.
Les meilleures journées ne se produisent pas quand tout va bien. Elles se produisent au cœur du chaos, précisément au moment où celui qui a paniqué vient de vendre. Sortir en attendant que ça se calme est le piège parfait : quand tu te sentiras assez rassuré pour revenir, le rebond aura eu lieu sans toi.
Le Covid a fait chuter le marché américain de 34 % en cinq semaines, et l'indice était revenu à son sommet cinq mois plus tard. Même schéma après le 11 septembre 2001 : 11,6 % de baisse la semaine de la réouverture, niveau d'avant-attentat retrouvé en un mois. Sur près d'un siècle, guerres et pandémie comprises, le marché actions américain a rapporté environ 10 % par an en moyenne.
Version longue, chiffrée, sans métaphore, sur Tuki AcademyDans le film, les présentateurs du Daily Rip ont une devise : les mauvaises nouvelles, on les garde légères. Leur métier n'est pas d'informer, c'est de retenir l'attention. En finance, la même logique produit l'effet exactement inverse : la peur retient mieux que le calme, alors on la met partout.
Son horizon n'est pas le tien. L'unité de temps d'un plateau télé, c'est l'audience du soir. La tienne, c'est 10, 20, 30 ans. Vous ne jouez pas la même partie.
La symétrie n'existe pas. Personne ne déclenche d'édition spéciale quand le marché reprend 0,8 % dans le calme. La hausse lente ne fait pas d'audience, et c'est pourtant elle qui construit ton patrimoine.
Une info qui ne change pas ton plan n'est pas une info. C'est du bruit. Et le bruit diffusé en boucle finit par ressembler à un signal.
Le film montre des médias qui minimisent une vraie catastrophe. Les chaînes financières font l'inverse : elles maximisent des événements statistiquement banals. Dans les deux cas, le remède est identique. Alors entraîne-toi : six titres arrivent sur ton fil, à toi de trier.
Chaque dimanche, un sujet comme celui-ci dans ta boîte mailArrêter de regarder le plateau ne suffit pas. Il faut un instrument de mesure, et il existe : le Fear and Greed Index, l'indice de peur et d'avidité. Une jauge de 0 à 100, gratuite, mise à jour en continu.
Ce qui la rend précieuse, c'est qu'elle ne mesure pas des opinions mais des actes : sept indicateurs de comportement réel des investisseurs, dont la volatilité, les achats d'options de protection, la fuite vers les obligations d'État et la demande d'actifs refuges. Le plateau te dit ce que les gens racontent. La jauge te montre ce qu'ils font de leur argent.
Personne ne raconte d'histoire. C'est exactement le moment où un plan automatique travaille sans que tu le remarques.
En pleine panique Covid, la jauge est tombée à 2 sur 100. Deux. Avec le recul, ces journées de terreur absolue comptent parmi les meilleurs points d'entrée de la décennie.
Warren Buffett résume ça depuis 50 ans : sois craintif quand les autres sont avides, et avide quand les autres sont craintifs. La jauge mesure littéralement les autres.
Deux réflexes, et deux seulement. Quand tout le monde crie et que tu veux vendre, regarde la jauge : si elle affiche une peur extrême, ta peur n'est pas une analyse, c'est celle des millions de personnes qui vendent en même temps que toi. Et ne t'en sers jamais pour tenter le grand coup. Ce n'est pas une boule de cristal, c'est un miroir : elle sert à vérifier si c'est le marché qui a un problème, ou juste ton fil d'actualité.
Pourquoi une semaine de chute nous paraît toujours être le début de la fin, alors qu'on a survécu à toutes les précédentes ? C'est le biais de récence : ton cerveau surpondère massivement l'information la plus fraîche et la plus émotionnelle. Trois jours de rouge pèsent plus lourd dans ta tête que trente ans de courbe ascendante.
Le plateau télé de Don't Look Up fonctionne exactement sur ce carburant : l'urgence permanente efface la perspective. Trois contre-mesures, et elles sont physiques avant d'être intellectuelles.
Ouvre le graphique de ton indice sur 30 ans, pas sur 30 jours. Chaque fin du monde passée y est devenue une petite encoche dans une pente qui monte. Imprime-la si besoin, c'est ta photo de rappel pour les mauvais jours.
Personne n'a besoin de connaître la valeur de son portefeuille toutes les quatre heures. Un investisseur long terme peut se contenter d'un rendez-vous par trimestre.
Aucune vente sous le coup d'une actualité. Si la décision est bonne, elle le sera encore après-demain. Si elle ne survit pas à deux jours de recul, c'était une réaction, pas une décision.
Ne rien faire est une décision, et statistiquement c'est souvent la meilleure. Vendre pendant la chute, c'est graver dans le marbre une perte qui n'existait que sur un écran. Avec un bonus fiscal amer si tu vends dans un PEA de moins de cinq ans : le retrait entraîne la clôture du plan, et tes gains partent à la flat tax de 31,4 %.
Si tu investis chaque mois, la baisse joue pour toi : le même virement achète plus de parts. La Bourse est le seul magasin au monde dont les clients fuient quand les prix baissent.
Au même prix, ton virement de 150 € achète 43 % de parts en plus qu'au sommet. Six mois de versements pendant cette baisse t'achètent autant de parts que 1 286 € versés au sommet.
Calcul en parts, hors frais et hors fiscalité. Le marché doit remonter du même pourcentage pour revenir à son sommet, ce qui est l'autre face exacte du même chiffre.
Ton épargne de précaution, trois à six mois de dépenses, est-elle en place ? L'argent investi est-il de l'argent dont tu n'as pas besoin avant 10 ans ? Si oui, tu peux fermer l'application pendant la tempête. Si non, c'est ça ton vrai chantier, pas la comète.
Ce que le protocole interdit : les stop-loss de sécurité et les sorties temporaires. Pendant toute la durée de la comète, régime médiatique strict : zéro édition spéciale, un point chiffré par semaine maximum, la jauge de peur si tu veux un thermomètre. Et si tu sens la spirale arriver, appelle un ami, sors marcher, fais quelque chose sans écran. Si c'était vraiment la fin du monde, ton portefeuille serait le cadet de tes soucis.
Dans le film, quand la comète devient visible à l'œil nu, il est trop tard pour convaincre qui que ce soit. Un plan de crise écrit pendant la crise n'est pas un plan, c'est une panique avec de la mise en page. Réponds à froid, aujourd'hui, pendant que tout va bien.
Le krach n'est pas un accident, c'est le fonctionnement normal du système. Une correction de 10 % arrive environ une fois par an, un bear market de 20 % tous les trois à quatre ans, et sur 30 ans d'investissement tu en traverseras sept ou huit. Malgré tout ça, 73 % des années ont fini dans le vert depuis 1928.
78 % des meilleures journées de Bourse ont lieu pendant un marché baissier ou dans les deux premiers mois du rebond. Les plus gros gains se produisent au cœur du chaos, précisément quand celui qui a paniqué vient de vendre. Sortir en attendant que ça se calme garantit de rater le rebond.
La panique se mesure. Le Fear and Greed Index note de 0 à 100 le comportement réel des investisseurs à partir de sept indicateurs. Le 12 mars 2020 il est tombé à 2 sur 100, l'un des meilleurs points d'entrée de la décennie. Ce n'est pas une boule de cristal, c'est un miroir.
Une note de téléphone avec ta réponse à la question du portefeuille en baisse de 25 %. Si la réponse est vendre, tes investissements sont trop risqués : c'est la stratégie qu'il faut revoir, pas le calendrier.
Notifications de l'application d'investissement désactivées, règle des 48 heures affichée quelque part. Un rendez-vous par trimestre suffit.
Épargne de précaution de trois à six mois en place, et argent investi dont tu n'as pas besoin avant 10 ans. Ces deux verrous en place, tu peux traverser la tempête sans rien faire.
Sources et méthode : fiscalité du PEA et taux du Livret A issus des données Lamififi 2026 (retrait avant cinq ans : clôture et flat tax de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026 ; Livret A à 1,7 % depuis le 1er août 2026). Les statistiques de marché (fréquence des corrections et des bear markets, part des années positives depuis 1928, part des meilleures séances survenant en marché baissier, trajectoire 2020 et septembre 2001) proviennent de la newsletter Lamififi numéro 36. Ce Flix est un contenu pédagogique : il montre des trajectoires historiques et ne constitue jamais une recommandation d'achat ou de vente.
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